Schizophrénie et Religion

ZINZIN J'Y CROIS

ZOZO SCHIZO

 

Tous les prophètes et les grands mystiques étaient des schizophrènes. Je le sais, j'en suis un. Mais scientifique, c'est nouveau, ça vient de sortir.

J'ai aussi été moine scientifique, me dévouant à ma tâche de recherche avec 500 francs par mois, je récupérai les mégots et écrivait des articles scientifiques même pas pour la gloire, fin 1998 à Nice. Et trop occupé aux expériences, ma copine m'a quitté, je le referais quand même. C'est comme ça que j'ai fait mon Œuvre, Pêcheux, 2002, prouvé la mort des récifs par le CO2, dans ma cuisine laboratoire encombrée de bouteilles de vin rouge.

On a un sentiment du monde, on sait tout, on fonce dans n'importe quoi, c'est très exaltant. Personnellement, j'ai prêché dans le métro, mais je me rappelle absolument pas quoi. Les Galaxies peut-être. En tout cas pas mon Père (un con ordinaire) ni l'Amour (sauf Terre à Terre, quand ça vous propulse à Jupiter et que ça ressemble à de la peau de saucisson), mais c'est bien trouvé je dois dire, "aimez-vous les uns les autres comme vous vous aimez".

Voir mon Roman, mais pendant un temps, j'étais Maître du Monde. Et curieux, ça entrainai la suppression du pronom personnel, une vie sans sujet.

Je sais très bien ce qu'il faut faire pour rentrer en phase mystique, dormir deux heures par jour, trois bières à l'heure, et s'occuper de trucs dingues comme en ce moment.

Je crois que je suis capable de voir, de prophétiser ("je suis prô-fêtes, pas prô-fesse" eur), c'est juste de l'intégration neuronale et de l'expression consciente. Prophète de Malheur, comme me l'a demandé le médecin de l'Allocation Adulte Handicapé, avec mon CO2 dans la besace, "oui". A mon procès pour faux ivresse sur la voie publique, pour une demi Pelforth, condamné, j'ai clamé "Mais qui entendra la Voix ?". Mais prophète, c'est du boulot, croyez-moi, mais rigolo.

Il est incroyable comme tout vous parle, comme le plus minuscule détail est pris en compte consciemment, un papier par terre, un repliement d'auriculaire.

Mahomet qu'il a eu des hallucinations auditives. Oui, bon, les voix dans la tête à la Jeanne d'Arc, un peu, mais le plus dingue, c'est de penser je vais prendre du vin blanc et de dire "je vais prendre du vin rouge". Les voix dans la tête, c'est bien la preuve que l'inconscient pénètre dans le conscient.

Bouddha peut-être pas, on n'a pas assez d'information sur sa vie. Mais je suis contre une société figée de sages. Mais en fait apparemment le Bouddha n'a jamais rien dit sur la mort, ni sur la réincarnation. Juste un sentiment, un vécu d'union avec l'Univers, ça c'est courant parmi nous. Confucius, non, c'était qu'un vieux réac.

 

 

C'est en descendant du trottoir de la place Denfert-Rochereau, le pied à mi-parcours, le 10 Décembre 1986, en allant rue Monsieur le Prince où Malik Oussékine avait été assassiné, à 6 heure du matin de la grande manifestation silencieuse en étant membre du service d'ordre de la fac de Jussieu, que j'ai eu une illumination. Satori à Paris.

Un jour je bossais sur un chantier de dégagement de bois embâclé d'une rivière du Massif Central après une crue. Un moment je me suis retrouvé les pieds dans l'eau devant une cascade. Sentiment d'une telle beauté, je m'en rappellerai toujours.

Ce salaud de Lao Tseu a dit un truc du genre "il faut maintenir le peuple dans l'ignorance" en tout début de son bouquin, le Tao. Il y eu un, puis deux, puis trois, puis les dix milles. C'est très étrange. Qu'un arrive, bien sûr. Si un, alors deux. Mais il faut trois pour aller au-delà. Si on s'arrête à deux, et pourquoi y aurait-il quelque chose d'autre que l'opposé, c'est très curieux, dans les nombres il y a plus et moins, mais pas à côté, bon, mais on compte (mais qu'est ce qui compte d'abord ? Le plus et moins ou le compte ?), alors trois, et évidemment la pelote se déroule à l'infini, 10 000 dans la tradition chinoise. Et tout ça de un. Ben oui, les maths, ça part de dire un, c'est juste la pensée d'un nombre, même pas, un c'est d'abord pas un nombre, un=c'est. C'est même pas Tout. C'est c'est tout.

Franchement si on me demande à quoi je crois, je dis le Big Bang, la mécanique quantique, l'évolution darwinienne, mais en fait à une chose : les mathématiques. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui ne croyait pas aux mathématiques (alors là, ça nous entraine loin. D'abord le plus ancien avec Mani (de Zarathoustra) comptait-il ? puis Jésus a-t-il pu faire des additions et Abraham des soustractions, Mahomet des multiplications et des divisions ? Et moi des racines carrées, des logarithmes, des irrationnels, des transcendantaux, des infinis définis et des infinis infinis et un oméga indéterminé, tu crois que c'est avec ça que je vais draguer les nanas ?).  Qui implique l'ordre, 1, 2, 3, 10 000, et le désordre par exemple de l'ordre des nombres premiers ou des problèmes indécidables. On n'a pas encore eu de prophète mathématicien.

Ca va, ça vient. Ca peut venir en quelques secondes, le temps de poser le pied sur la rambarde de la Promenade des Anglais à 6 heure du matin, ou monter en plusieurs jours, ou aboutir à rien. Drôle d'état. On sait que c'est les circuits à sérotonine, mais franchement ça n'avance pas plus. Le tableau clinique du standard américain des maladies psychiatriques un peu plus parce qu'on sait que c'est déjà arrivé (mais ils parlent pas des mystiques !).

Le plus fou, c'est l'effet des médicaments. Au bout de trois mois, je suis allé voir un psy un peu con. Je savais bien ce que j'avais, j'étais. J'ai du le forcer pour qu'il me fasse une ordonnance de neuroleptique, il a mis chlorpromazine, le premier neuroleptique découvert dans les années 1950. Bon. J'ai acheté une boite et je suis allé à un de mes bistrot rue piétonne. Je délirai grave en buvant tranquillement ma bière. Tout semblait dans tout. J'ai pris un cachet. C'est qu'un quart d'heure plus tard que, ouf, ce qui n'était qu'infini possibilités, en trois secondes, c'est devenu une table en bois, et rien d'extraordinaire.

Si Jésus revient comme certains clament, on sera tranquille, il prendra des neuroleptiques et habitera en banlieue avec une allocation.

Quand au mariage avec Jésus, moi aussi je regarde parfois des films pornos. Hildegarde de la Bigne, en fait, rien de mieux que le désir sexuel, totalement fantasmé, mais schizophrénie oblige, à en être tellement sûr de soi qu'on en parle autour de soi.

J'ai eu ma première crise à 33 ans, à peu près comme Jésus. Ma nourriture sacrée, c'est Pelforth-sandwich saucisson. Par rapport à Jésus, j'ai baissé le degré d'alcool et augmenté les protéines.

Dans les sociétés premières et primitives les schizo étaient très utiles. Il y a 40 000 ans, j'aurai été Shaman. Je le suis toujours (voir par ailleurs).

J'ai même été le Diable pendant deux jours, avec une langue noire et des chaussures rouges. Je faisais pleurer les bébés dont je m'approchait (en fait les bébés qui pleurent me font rire). Mais c'était pas très intéressant.

J'ai aussi fait plein de Magie, en disposant autour de moi plein d'objets, des bougies, et d'abord rhum, vin rouge et vin blanc, et bière, et je jetait au sort pour l'avenir des représentations d'atome en plastique coloré, j'en ai encore un. La position des planètes vues du dessus par logiciel, c'est quand même plus sûr, ça dépend pas du hasard, donc ça veut dire quelque chose, CQFD, mais quoi ? évidemment des conneries.

J'ai mis ma tête dans le congélateur du bistrot, pour me refroidir les idées. Le lendemain il était en panne. Le plus rigolo, c'était au Musée Océanographique de Monaco, je faisais des expériences de suivi du CO2, en pleine nuit, en dormant très peu parce que les autres ne voulait pas le faire, très grosse impression devant les aquarium dans la pénombre et divinisation, "le Grand G6", et j'ai mis trois chronomètres en panne.

On peut se stabiliser pour éviter la paranoïa et le décrochage social, en se laissant guider par la Providence, analyser scientifiquement, tomber amoureux. J'ai fait les trois. Elle s'appelait L'Or.  On s'était donné rendez-vous le 21 Juin, mais la boite était fermée avec la Fête de la Musique. Quand je me suis mis à pleurer, il a plus. Se "laisser guider par la Providence" c'est génial. Et extrêmement facile. On est plus soi. Mais il faut être en résonnance. Ca fait du bien. Mais finalement, c'est pas très constructif.

Tout se ramène à soi, mais tout soi se ramène à tout, oui bon mais en fait je sais pas si il y a besoin d'être schizophrène pour en être persuadé. Le sentiment d'Union va loin. J'aimai [tien à la radio, "People have the power"] bien regardé les clips sur M6, tous me parlait, MacCartney, Les Garçons Bouchers, etc…ah oui, oui, "Mais L'Océan…" de Voulzy. Et puis, super pour moi, "Mais où est passé le Jardinier ?" Tom Novembre (Jardinier, mon rôle dans Electre de Giraudoux au lycée), jardinier de la Terre, mais je fuyais. [Nous, les scientifiques du Global Change we are the Doctor Terre]. C'était même un peu tordu de regarder un match de tennis, de savoir qui allait marquer le point, et de changer d'esprit quand c'était l'autre, oui c'était trop.

Après les colonies, après les femmes, après les peuples premiers, après "Quand la Chine s'éveillera", bientôt, quand les schizo zozo s'éveilleront !

En tout cas, entre nous on s'amuse bien.

Moi, je comprend pas ceux qui sont pas schizophrènes qui suivent les religions. Petit, à onze ans, je voulais devenir curé. Heureusement l'abbé m'a demandé si j'avais la vocation, et au bout de trois mois à me poser la question, si j'arrivais pas à y répondre, c'est que je l'avais pas. Merci le con. En fait je comprend pas que si on croit en Dieu, on veuille pas devenir curé. C'est évident, si on crois en un machin tellement supérieur, en fait à l'infinité, on doit s'y plier absolument. Sinon l'infinité moins quelque chose (le mariage, le commerce…) ça n'existe pas. Si on crois en Dieu, on peut pas faire autre chose. Heureusement, la bécane primate est bien faite et reprend vite le dessus.

Elle est extraordinaire la résistance de notre cerveau de nos pensées. Une pensée ne pourra pas court-circuiter vos pensées. Vous avez beau faire, même complètement fou, vous ferez toujours avec une certaine logique. Ah, nous y voilà. La logique, c'est encore mieux que les mathématiques. Bon en fait la différence entre les deux, c'est des questions de vocabulaire. Mais pour vous croyants, Dieu est-il logique ? Ahhh, indémerdable. Il n'y a pas de contradiction dans notre bécane primate, mammifère vertébré, vers de terre, anémones de mer, vagues éponges, non, les éponges n'ont pas de système nerveux, les anémones si, d'ailleurs incroyable à les voir, croyez moi, elles décident de la scissiparité. Bref, ça c'est bâtît comme ça, même les plus fous ne sont pas plus fou que fou, ça reste dans l'adaptabilité, même s'il vaudrait mieux que le milieu ("l'environnement humain", je ne fais pas de la contradiction, c'est l'interplay du abiotic/biotic adaptation donc évolution, "Court Jester", ou "tangled bank" dans Bell [1982, "The masterpiece of nature", ou pourquoi il y a du sexe ? – y en a un qui se reproduit pas -, et pourquoi deux ? – certains champignons en ont dix sept – mais franchement je suis bien content d'avoir l'un des deux {et la prochaine question, c'est pourquoi la mort ? la mort est irrationnelle en terme de succès reproductif}]/contre "Red Queen" de Lewis Carol qui aimait les petites filles, moi aussi, comme j'aime tout le monde) soit tolérant. Et même, on peux rêver, encourageant. C'est fou ce qu'on perd en capacité de sensibilité, de tact, de médiation, d'écoute dans notre putain de civilisation (dont femme). Ca va changer.

Et on peux très bien supporter la contradiction, externe et interne. Dieu nous a crée après 13.7 milliard d’années de Univers et 4.567 milliard d’années [PS : 3x4.567=13.701, facile à retenir] du Système Solaire, a l'image (la côte d'Adam pour faire Eve, c'est un jeu de mot babylonien, "ti" qui veut dire à la fois "côte" et "vivre", cf. Bottero) du réel. Le réel, il n'y a que ça de vrai pour prendre son pied, pour déconner pour toujours.

On croit toujours que dans le fond toutes les religions disent la même chose. Mais c'est impossible qu'elle fasse la synthèse puisqu'elles croient. Et comme je le répète, "L'homme descend du singe, la preuve, c'est qu'il croit en Dieu", c'est juste une origine animal la faculté d'association libre des idées, que nous, schizophrènes, portons à son extrême, très utile quand ça marche, mais quand c'est sur des questions d'introversion, c'est n'importe quoi, la superstition n'est pas inférieur à la foi.

En crise de schizophrénie, on rigole pas beaucoup, ce qui est un manque de la religion : le rire. Ne confondez pas un fou rire d'un rire fou. C'est fou, ça.

De toute façon Jésus Mahomet Bouddha Mani n'ont jamais parlé de l'âme mais juste des allusions vous irez au Paradis, le "Royaume des Cieux", mais comment peut-on disjoncter à ce point ? Oui en fait c'est la notion centrale de la religion, l'après mort bien sûr, mon esprit à l'égal du monde, mais merci, maintenant on fait des électroencéphalogrammes, ondes alpha delta, ou tout plat. L’âme, c’est juste des petits courants électriques.

Etre illuminé, ça fout la pagaille.

J'ai lu dans une revue à Jaca qu'une idée augmente l'Univers mathématiquement. C'est sympa, mais j'y crois ? et pan, une nouvelle idée !

Est-ce qu'on croit en l'existence de Dieu, ou plus exactement en l'existence de l'âme quand on est illuminé ? Ce qui est sûr, c'est le sentiment que tout communique (au bout d'un moment, tout communique vers vous, et on devient paranoïaque), qu'on fait partie d'un vaste ensemble, que chaque chose qui arrive n'arrive pas pour rien et a pour cause une énorme somme d'évènements. Pour moi je dirais plutôt l'immanence que la transcendance, dans la phase ascendante de crise. Chose est. A la Spinoza, utiliser indifféremment le terme Dieu ou le terme nature ou le terme immanence. Mais je conçois que si on pédale un petit peu trop dans la choucroute, le Grand Tout (pas le Petit Tout) se projette sur la figure tutélaire enfantine de l'image du père autoritaire, Dieu le père. Ca m'est pas arrivé, merci mon Dieu.

Est ce que croire en l'infini, c'est croire en l'âme et en l'éternité ; d'elle. Le sentiment d'infini, c'est pas très souvent, heureusement, mais quand ça vous envahi, ça vous envahi. Comment ne pas croire alors en ce que notre esprit est aussi infini, et partant éternel ? Moi, j'ai conceptualiser ça en considérant que chaque particule a été en relation avec toutes les autres, ne serait-ce qu'au Big Bang, Tout fait partie, Tout est décrit (Tout sans liaison phonétique) par une seule équation d'onde de l'Univers, ça c'est prouvé quantiquement. Et que les coïncidences n'en sont donc pas. Je fantasme même un peu que la gravité soit ça, je vais être déçu quand on détectera des ondes gravitationnelles. Mais la décohérence, c'est très très beau dans les atomes de Rydberg.

C'est l'expérience mystique. Croire en une âme immortelle ? Forcement. Mais comme je suis scientifique (c'est nouveau, on vous la dit), je conçois simplement le tas d'atomes que je suis, et que chaque geste, chaque pensée modifie le réel, et que dans la grande chaîne des causes et effets, aura toujours des conséquences dans le futur à l'infini. La chaîne des causes et effets, c'est ce que j'ai senti au bistrot avant de prendre un cachet de chlorpromazine, une antiquité pharmaceutique.

Ce qu'on ne peux pas nier, c'est l'augmentions de la complexité des informations des idées. Ca peut se mesurer théoriquement avec la complexité algorithmique, i.e. combien de bit pour coder au minimum pour coder une proposition par un programme informatique universel. Mais est-ce limité par Godel ? Un paradoxe, c'est d'une complexité infinie ou disons d'une certaine complexité indépassable Cx (voir par ailleurs).

C'est Dieu, ah, ah.

Je vous ai bien eu, hein, vous y avez cru, hein, allez, dégagez.

 

Je suis la Parole des 80 millions de milliard de Grands Foraminifères Symbiotiques sur Terre.  Ca c'est de la religion pure et dure, un prophète et beaucoup, beaucoup d'adeptes.